Hebdomadaire d’information et de réflexion - Burkina-Faso
Bendré – septembre 2010
lundi 8 février 2010, par Bendré
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Comme il est de coutume à chaque élection, l’opposition gesticule sur l’éventualité d’une candidature unique. Mais sous nos tropiques, il y a eu tellement de retournement de vestes que cette perspective semble une belle arlésienne. Rien de plus !
L’opposition burkinabè est une grande malade. Ses maux ont pour noms : défaillances organisationnelles, querelles de leadership, manque de vision prospective, carence en ressources humaines, matérielles, financières… Lorsqu’il s’agit de faire chorus autour d’une idée ou d’un idéal commun, on trouve toujours des opposants qui pavoisent et qui finissent par faire péricliter le projet pour des desseins souvent inavoués et inavouables. Que n’a-t-on pas essayé ? Coordination de l’Opposition Burkinabè (COB). Alternance 2005. Opposition Burkinabè Unie (OBU)… Les remèdes se sont parfois révélés pires que le mal. Aux lendemains de chaque élection, c’est la gueule de bois et les jérémiades intempestives. A l’approche de la présidentielle de 2010, un appel du pied est encore lancé. Il émane du Parti pour la renaissance nationale (PAREN), dont le candidat en 2005 n’était autre que le virevoltant Pr. Laurent Bado. Se basant sur les échecs antérieurs, Jeanne Traoré, l’actuelle présidente du parti estime que l’opposition se ferait encore copieusement laminer si elle allait au scrutin en rangs dispersés. Le PAREN serait même prêt à renoncer à présenter son candidat si une candidature unique se dégageait des partis politiques ou de la société civile.
L’opposition fonce-t-elle dans le mur ?
A l’étape actuelle, ce vœu est utopique car au moins deux candidatures sont déjà annoncées du côté de l’opposition. Celles de Me Sankara de l’Union pour la renaissance/ Parti sankariste (UNIR/PS) et celle de Norbert Tiendrébéogo du Front des forces sociales (FFS). Pourtant avec la hausse du montant de la caution et la révision du code électoral en ce qui concerne les modalités de parrainage des candidatures à la présidentielle, seul un front commun peut permettre à l’opposition de ne pas faire piètre figure devant Blaise Compaoré. L’élection 2010 est capitale pour le Chef de l’Etat. Ses ouailles à l’instar de Mahama Sawadogo pourraient en effet utiliser le suffrage exprimé comme un argument de taille pour réviser l’article 37 de la Constitution. Nul n’ignore cependant comment se passent les élections en Afrique. Les résultats sont connus à l’avance et les commissions électorales prétendument indépendantes ne publient que les chiffres voulus par le " prince ". Aujourd’hui, plus que jamais l’opposition doit donc s’unir ou périr ! L’alternance restera une ligne d’horizon tant que cette unité demeurera factice. Si la déconfiture de l’opposition est réelle, il ne faut pas non plus l’accuser de tous les péchés d’Israël. Malgré la tentative de clarification avec la désignation du chef de file de l’opposition et l’expression de certains partis de leur appartenance à l’opposition politique, il reste toujours des problèmes. Ici comme un peu partout en Afrique, le pouvoir est passé maître dans l’art de monter des opposants de toutes pièces qui en véritables mercenaires et aventuriers amusent la galerie pour se faire rétribuer en espèces sonnantes et trébuchantes leur cirque terminé ! Cette stratégie permet ainsi de stratifier l’opposition et de déboucher sur plusieurs tendances aux intérêts diamétralement divergents et aux objectifs contradictoires et variés. Il s’agit là des prototypes de l’égoïsme et de l’opportunisme politiques ou de réponse empressée à l’appel irrésistible du luxe et du lucre du pouvoir. La multiplicité des pseudo-partis politiques d’opposition est un bon paravent pour la fraude. Car ainsi, le parti au pouvoir dispose à tout moment de dizaines de " partis-alibi " monnayables et prêts à avaler des couleuvres pour torpiller toute velléité de changement. On comprend pourquoi au Burkina Faso, un parti politique est plus facile à créer que n’importe quelle autre association. Lors de son récent déplacement au Ghana en 2009, Obama a martelé ceci :"vous qui vous accrochez au pouvoir par la corruption, la tromperie la réduction de la contestation au silence, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’histoire. Mais nous tendrons la main si vous voulez desserrer votre poing". Ça devrait faire réfléchir plus d’un !.
Par Issac Konfé