Hebdomadaire d’information et de réflexion - Burkina-Faso
Bendré – septembre 2010
mercredi 24 février 2010, par Bendré
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Cher H.S.
La Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP-BC) a lancé ses activités de 2010. Comme tu dois certainement le deviner, l’essentiel de leurs activités sera de battre campagne pour leur idole dans le cadre de l’élection présidentielle de novembre. Cette sortie marque certainement le top départ de la mobilisation de la kyrielle des associations pour une large victoire de Blaise Compaoré.
Du côté de l’opposition politique, le chef de file a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré que le débat sur une stratégie commune des partis d’opposition n’est pas encore à l’ordre du jour et cela, à quelques 9 mois de l’élection. En réalité, la question crée un malaise au sein de ces partis. Certains responsables de parti ne sont pas encore prêts pour s’aligner derrière un candidat autre qu’eux-mêmes. Ils s’imaginent que les populations sont désabusées de la politique du pouvoir en place et qu’il n’y a pas de doute quant à un vote sanction contre le régime en place. Alors ils veulent tenter solitairement leur chance. C’est une grosse erreur que de raisonner ainsi car il n’y a que l’union des forces acquises pour le changement qui peuvent vaincre le CDP et ses alliés.
Face à une stratégie commune de l’opposition, des propositions fusent de toutes parts.
Le groupe parlementaire Alternance-démocratie et justice qui regroupe les députés de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS), du Front des Forces Sociales (FFS), du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS), dont 2 députés ont fait dissidence pour créer des partis politiques, et le Parti pour la démocratie et le socialisme (PDS), ont appelé à la création d’une Coalition nationale contre le tripatouillage de la Constitution (CNTC). C’était au cours de leurs premières journées parlementaires de l’année qui se sont déroulés sous le thème : " les révisions constitutionnelles : enjeux et dangers ".
Quant au Rassemblement politique nouveau (RPN), au cours d’une conférence de presse, il a lancé un appel dans lequel il soutient que " sans une organisation des forces d’opposition réelle et une stratégie cohérente d’alternance, la réélection de Blaise Compapré sera sans enjeux majeurs et la modification de l’article 37 de la Constitution pour lui permettre d’être indéfiniment candidat sera une simple formalité à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi, le RPN appelle toutes les forces vives opposées véritablement au " système Blaise Compaoré ", à la coordination de nos actions pour réaliser le 1er changement démocratique dans notre pays ne serait-ce qu’à un 2nd tour inédit sous la 4ème République ". Le président du RPN, a insisté sur une candidature unique de l’opposition. Selon lui, des concertations sont en cours entre les partis politiques et des organisations de la société civile dont les résultats seront connus en temps opportun.
Cette coalition des politiques et des organisations de la société civile sonne comme une impuissance des partis politiques de l’opposition à faire face à l’armada déployée par le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) pour rester toujours au pouvoir. Or, la constitution burkinabé stipule que " les partis et formations politiques se créent librement.
Ils concourent à l’animation de la vie politique, à l’information et à l’éducation du peuple ainsi qu’à l’expression du suffrage ". Les partis politiques ont-ils échoué dans leur mission d’éduquer le peuple au point de lancer un appel presque pathétique ?
Un des points de vue qui me semble intéressant est celui du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). Au cours de son dialogue démocratique sur le thème " réformes politiques et rapport du collège des Sages : où en est-on une décennie après ? ", le CGD a interpelé le Collège des Sages dont les recommandations sont en train d’être foulées au pied par les tenants du pouvoir. Son président, Augustin Loada se pose la question suivante " Qu’ils soient encore vivants ou décédés, Saye Zerbo, Jean-Baptiste Ouédraogo, Monseigneur Anselme Sanou, Monseigneur Paul Ouédraogo, Boinzenwendé Freeman Kompaoré, Yemdaogo Jean-Charles Ouédraogo, Mama Sanou, El Hadj Mahamoudou Tiemtoré, Tibo Augustin Congo, Sidiki Sanou, Bila Charles Kaboré, Moussa Koné, Maurice Arsène Ouédraogo, Mme Henriette Bary, Mme Pauline Hien Winkoun, Sangoulé Lamizana, peuvent-ils accepter sans rien dire que leur rapport soit jeté aux orties ? ".
C’est un appel lancé à l’endroit de ces personnalités morales car leur rapport " a été voulu par le Président Blaise Compaoré qui a mandaté le Collège des sages pour lui faire des propositions de réformes. Si nous voulons prévenir les crises futures, éviter qu’un facilitateur ne soit nommé un jour pour le Burkina Faso comme le craignait un célèbre quotidien de la place, nous devrions prendre au sérieux le diagnostic et les remèdes proposés par les sages, sous la présidence du très respecté archevêque de Bobo, Mgr Sanou ".
En Guinée la situation politique semble évoluer dans le bon sens. Le Premier ministre, Jean-Marie Doré a enfin rendu publique la composition de son gouvernement. Il se constitue de 34 ministres parmi lesquels 6 militaires que sont le général de division, Mamadou Toto Camara, confirmé à son poste de ministre d’Etat chargé de la Sécurité et de la protection civile ; le colonel Siba Lohalamou, également confirmé au poste de ministre de la Justice, garde des sceaux ; le commandant Mamadou Sandé, au ministère de l’Energie et de l’hydraulique ; le lieutenant-colonel Keletigui Faro, ministre de l’Agriculture ; le colonel Mamadou Korka Diallo, ministre de la Pêche et de l’aquaculture ; le colonel Mathurin Bangoura, ministre des Transports.
Aux lendemains de la publication de cette liste, les Guinéens ont été informés de la composition du cabinet de la présidence de la République. Dans ce cabinet, le commandant Claude Pivi et le lieutenant-colonel Moussa Tiebro Camara gardent leur poste, respectivement ministre d’Etat chargé de la Sécurité présidentielle et ministre conseiller auprès du Président de la République chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et du grand banditisme. Ces deux membres de la junte sont épinglés par le rapport de l’ONU sur le massacre du 28 septembre 2009. Mais le Président intérimaire, le général Sékouba Konaté a préféré jouer à l’apaisement plutôt qu’à l’exclusion. Il avait déclaré qu’il faut préférer la paix à la justice. " C’est le prix d’une transition apaisée et de l’indispensable réconciliation entre tous les fils du pays " avait-il ajouté. Est-ce à dire que la justice tant réclamée par certains sur les événements du 28 septembre 2009 n’aura pas lieu ? On n’en sait pas plus pour l’instant. La procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Mme Fatou Bensouda en visite à Conakry a fait savoir que la justice des victimes sera faite avec l’aide du gouvernement guinéen.
Par ton ami Kouma Fola Kan de Bendré.