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Bendré – septembre 2010


Vol chez François Compaoré

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mercredi 24 février 2010, par Bendré

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Le 14 janvier 2010, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Ouagadougou a jugé et délibéré sur la plainte de Salah Compaoré contre Hamidou Ilboudo pour vol. Le prévenu a été condamné à 5 ans de prison ferme et à rembourser les 19 millions qu’il aurait volés au domicile de François Compaoré. C’est dans cette affaire que David Ouédraogo a trouvé la mort.

Le jugement de cette affaire a surpris plus d’un. Le prévenu était absent à la barre, les témoins ne semblaient pas comprendre grande chose. On se pose des questions sur la façon dont le dossier a été instruit. Mais le verdict est tombé. L’infortuné Hamidou Ilboudo qui porte des cicatrices suite à des tortures dignes de barbares doit rembourser 19 millions.
En rappel, tout a commencé, semble-t-il, théoriquement le 04 décembre 1997 (date portée dans la plainte signée de madame Compaoré). Ce jour-là, une plainte est transmise par le chef d’État-major de la gendarmerie à la brigade de recherche de la gendarmerie de Ouagadougou pour des faits de vol de numéraires d’un montant de 19.870.000 Fcfa au domicile de M. François Compaoré, frère du Président Compaoré, au préjudice de son épouse. Parallèlement ou concomitamment, l’adjudant Marcel Kafando, responsable adjoint de la sécurité du chef de l’Etat "est saisi" de l’affaire. Dans la même nuit, il fait arrêter par ses hommes, Ilboudo Grégoire Hamidou et Tiendrébéogo Adama, employés de François Compaoré. Les deux prévenus sont conduits au Conseil de l’Entente. Dès leur arrivée, ils sont transportés aux environs de Gonsé, pour y être torturés.
Tout cela, rappelons-le, ce serait passé dans la même journée du 04 décembre 1997.
Deux jours plus tard, les deux prévenus, Ilboudo Grégoire Hamidou et Tiendrébéogo Adama, sont rejoints dans leur geôle par David Ouédraogo et Bruno Ilboudo tous employés de François Compaoré. Les tortures vont entrainer la mort de David Ouédraogo.
L’affaire alors prend une autre tournure. L’attention se focalise sur la mort de David Ouédraogo. Le tribunal militaire se saisit de l’affaire qui fut jugée en août 2000. 3 éléments du Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), vont écoper de peine d’emprisonnement. Marcel Kafando et Edmond Koama vont être condamnés à 20 ans d’emprisonnement ferme et Ousseni Yaro à 10 ans d’emprisonnement ferme pour " coups volontaire, blessures mortelles et séquestration ".

Plus de 10 ans après cette histoire de vol, au moment où on s’attendait le moins, elle resurgit.
Mais en réalité, dans cette affaire, la Justice burkinabé s’est encore fourvoyée à son habitude quand les dossiers qu’elle est amenée à connaître impliquent des personnalités de la sphère politique.
Premièrement, les présumés voleurs n’ont pas cherché à fuir avec la coquette somme qu’ils auraient puisée sur les 40 millions qui se trouveraient au domicile de leur patron jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés. Ce qui est tout de même curieux.
Deuxièmement, Hamidou Ilboudo et Adama Tiendrébéogo ont été arrêtés pour vol d’argent le 29 novembre 1997, Bruno Ilboudo qui a suivi les deux premiers au Conseil a été arrêté le 2 décembre de la même année. Or, ce n’est que le 4 décembre 1997 que la famille Compaoré a constaté le vol dans sa maison. En clair cela signifie qu’ils ont fait arrêter les accusés avant même de constater ce dont on les accuse, bizarre, non ? Toute cette argumentation montre que la thèse de vol est un montage que les mauvaises langues qualifient de grossier.
Troisièmement, Marcel Kafando avait justifié l’interpellation des présumés coupables au Conseil par le fait qu’il aurait découvert une tentative de coup d’Etat. " Le coup d’Etat n’est pas quelque chose que j’ai inventé (…) Des militaires et des hommes politiques étaient impliqués dans cette tentative. Il y a eu une tentative d’infiltration à partir de pays voisins pendant la CAN 98 " avait-il dit au Tribunal. Mais cette thèse n’a jamais été prouvée. Ne peut-on penser à un gros montage mal monté ?
Quatrièmement, cette affaire a révélé un faux-procès verbal établissant que David Ouédraogo a été entendu par la gendarmerie sur l’enquête sur le vol. En effet, l’officier de police judiciaire, Abdoulaye Semdé et son adjoint, Moustapha Konton gomdé sont soupçonnés d’avoir fournir un faux PV dans le dossier, alors que le ministre de la Justice de l’époque, Boureima Badini, a affirmé que " Dans le cours de son enquête, le juge d’instruction a rencontré des gendarmes qui lui ont indiqué que dans le cadre de l’enquête de vol commis au domicile de François Compaoré, ils n’ont pas entendu eux-mêmes David Ouédraogo. L’intéressé était détenu au Conseil et c’est sa déclaration qui leur a été remise et ils ont transmis ".

L’affaire David Ouédraogo a donc été un enchevêtrement de faux et c’est sur ce faux que le dossier de vol au domicile du couple Compaoré a été instruit.
Que cherche t-on en réveillant cette histoire de vol qui manque d’arguments ? Est-ce pour se donner bonne conscience et tourner la page de cette sombre histoire du ’’mort du Conseil’’ qui a entrainé l’assassinat de Norbert Zongo qui investiguait sur ce dossier ?
Après le blocage du dossier du drame de Sapouy au niveau de la Justice, l’affaire David Ouédraogo avec ces non-dits, les agitateurs de l’ombre veulent-ils boucler la boucle en faisant croire que le vol au domicile du couple Compaoré est avéré ? La vérité éclatera tôt ou tard même si on ignore pas l’effort colossal entrepris pour brouiller les pistes.

Par J.P.B

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