Hebdomadaire d’information et de réflexion - Burkina-Faso
Bendré – septembre 2010
mercredi 24 février 2010, par Bendré
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Journées parlementaires ADJ
Une coalition pour sauver la Constitution
Le groupe parlementaire Alternance-démocratie et justice (ADJ) a tenu ses premières journées parlementaires de l’année 2010 les 16 et 17 février 2010 à Ouagadougou sous le thème " les révisions constitutionnelles : enjeux et dangers ".
Aux termes de leurs travaux, les participants ont adopté une motion de condamnation des propos " dictatoriaux " tenus par les responsables du parti au pouvoir. Ils ont décidé de créer un comité de pilotage ayant pour mission d’élaborer une pétition contre toute révision de l’article 37. Ils ont lancé un appel " pressant à la société civile, à la classe politique et à l’ensemble des démocrates et patriotes pour se mobiliser impérativement dans une Coalition nationale contre le tripatouillage de la constitution (CNTC) ".
Le président de l’ADJ, le député Meng-Néré Fidèle Kientèga, a dans son discours de clôture, affirmé qu’il n’y a plus de doute quant au projet de révision constitutionnelle du parti au pouvoir. C’est pourquoi, il a lancé " un vibrant appel à tous les militants des partis politiques de l’opposition pour qu’ils prennent d’assaut les cadres d’expression et de lutte " définis par les présentes journées parlementaires.
A l’endroit de la société civile, le député Kientèga l’a invitée à se " convaincre que la révision projetée va contre chacun de nous en ce qu’elle assassine la démocratie ". Et d’ajouter que " l’histoire nous enseigne que la modification constitutionnelle limitant le nombre de mandats présidentiels aux Etats-Unis est intervenue par soucis de démocratie après quatre mandats successifs d’un des plus brillants présidents de l’histoire de ce pays à savoir Franklin Roosevelt. Chez-nous a contrario, l’on veut sauter ce même verrou limitant les mandats présidentiels, que l’on qualifie d’anti-démocratique " pour permettre d’instaurer un pouvoir à vie.
Politique
Le RPN pour une candidature unique de l’opposition
Le Rassemblement politique nouveau (RPN) a animé une conférence de presse le 18 février dernier à Ouagadougou sur l’organisation du recensement électoral. Pour le président du RPN, Harouna Dicko, il y a deux observations à faire. La première est que l’organisation du recensement électoral fixé du 1er au 21 mars 2010 n’est pas conforme aux dispositions de l’article 50 du code électoral. Selon M. Dicko, " la révision annuelle ou exceptionnelle consiste à examiner les listes électorales existantes afin de les modifier s’il y a lieu, par des inscriptions ou radiations de certains électeurs alors que le recensement électoral est une opération d’établissement de nouvelles listes par l’inscription de l’ensemble des électeurs en faisant fi des anciennes listes électorales ". Vouloir donc inscrire en 21 jours le nombre d’électeurs déjà inscrits à ce jour c’est " faire un travail bâclé " selon le RPN. Pour ce parti d’opposition, " il est mieux indiqué de faire une révision exceptionnelle conformément aux dispositions de l’article 50 du code électoral, tout en améliorant le fichier électoral de la CENI qui a été jugé d’un niveau acceptable par un audit en 2006 ". Une correspondance a été adressée au président du Conseil des ministres pour souligner cet aspect a affirmé le conférencier.
La deuxième observation du RPN est que la convocation du corps électoral le 21 novembre 2010 pour le scrutin présidentiel est conforme à l’article 40 de la Constitution.
La conférence de presse a été l’occasion pour ce jeune parti politique de militer pour une candidature unique de l’opposition. " Pour cela, le benjamin des partis politiques d’opposition qu’est le RPN, prend l’initiative en lançant un appel à toutes les forces d’opposition réelle afin de s’organiser et d’adopter une stratégie cohérente de lutte car l’heure est à l’action concrète ", a conclu Harouna Dicko.
Millenium Challenge Account
Le compte à rebours a commencé
Le Millenium Challenge Account (MCA) a organisé un petit-déjeuner de presse le 12 février 2010, sur le bilan 2009 de ses activités. Pour l’occasion, Bissiri Joseph Sirima, le Coordonnateur national du MCA-BF était entouré de son staff. 2009 a été une année de référence en ce qu’elle a marqué l’entrée en vigueur du compact. La structuration du MCA-BF a été parachevée et les activités ont démarré dans les quatre composantes du programme à savoir la sécurisation foncière, le désenclavement, le développement de l’agriculture et les écoles Bright II.
Le dossier de presse indique que le " MCA-BF est un fond mis en place lors du processus de formulation du compact qui est une subvention accordée au Burkina Faso par l’intermédiaire d’une agence gouvernementale des Etats-Unis appelé Millenium Challenge Corporation (MCC) pour une valeur de 480,9 millions de dollars et d’une durée de 5 ans allant de 2009 à 2014 ".
Il vise une réduction de la pauvreté " par la croissance économique en stimulant l’amélioration de la productivité agricole, du bétail et les aménagements et en améliorant l’accès aux marchés nationaux et internationaux ". Selon le Coordonnateur national du MCA-BF, le programme est innovant " dans sa démarche car c’est une première que des projets de cette importance soient financés entièrement et sur une perspective de cinq ans par un seul et même bailleur de fonds ". Il est également innovant en ce sens qu’il est " entièrement géré par le Burkina Faso qui disposera en même temps d’une expérience, d’une expertise et de compétences renforcées, capables de formuler et de conduire de vaste programmes de développement durable ".
Si 2009 a constitué un point de départ, 2010 consacre la première année de mise en œuvre du compact. " Cela signifie pour le Burkina Faso, le décompte du temps qui commence en même temps qu’une montée en puissance de la charge de travail dans la réalisation du compact ", a estimé Bissiri Joseph Sirima qui a lancé le site web relooké du MCA-BF : www.mca-burkina.org ! .
Culture
Mariah Bissongo sort son premier album
L’artiste-musicienne Mariah Bissongo a mis officiellement sur le marché son tout premier opus le mercredi 17 février 2010. Au cours de la sortie dédicace, elle a fait une prestation en live. L’artiste a communié avec les mélomanes et a saisi l’occasion pour faire découvrir la richesse de cet album. De son vrai nom Beni-wendé Mariétou Armelle Ouédraogo, cette métisse Yadega (de père) et Gourmantché (de mère) dotée d’une voix sublime se sent à la fois à l’aise dans les rythmes du Nord du pays tout comme ceux de l’Est. Chantant d’une voie de griotte sur les registres doux, elle sait aussi s’adapter à des registres autres. Choriste à l’orchestre national du Burkina tout comme à la chorale de son église, cette fille cadette de l’empereur Bissongo, grand artiste de renom du Burkina, a prouvé au cours de cette dédicace tout le bien qu’on dit d’elle et toute la richesse artistique qu’elle a pu capitaliser au cours de ces années d’apprentissage. En effet, il lui a fallu cinq années de dur apprentissage de l’art de la scène et de mûrissement de l’œuvre pour parvenir à cette fin. Un album bien coloré qui traite de l’avortement, de la famille africaine, de l’amour en Jesus, de la philosophie de la vie…Si sur le titre "La go Djinogo", la vedette critique sur un rythme dansant la cruauté de l’avortement, sur le titre "vivre", elle évoque sur un rythme coupé-décalé, la dialectique de la vie, "hier petit, demain grand", comme le dit le refrain de la chanson. Une prémonition sans doute pour cet artiste qui n’attend que de grandir, d’être aussi soutenue par les mélomanes. L’album a été produit par Lotus Editions. Il est disponible en CD comme en K-7.
Religion
Des laïcs nantis de rudiments d’évangélisation
Il s’est tenu le 15 février 2010, la remise des diplômes des premiers étudiants de l’école de formation théologique des laïcs du Centre national cardinal Paul Zougrana à Ouagadougou. Ils étaient une quarantaine de récipiendaires à recevoir le Diplôme de formation théologique des laïcs (DFTL), dont dix pour le Certificat d’aptitude pastorale (CAP) après 6 ans d’étude. Le CAP s’obtient après une soutenance sur un thème choisi.
L’école de formation théologique des laïcs a été créée en 2004 par la Conférence épiscopale Burkina-Niger avec pour objectif de permettre aux laïcs catholiques de s’assumer dans l’Eglise et le monde en devenant les promoteurs d’une évangélisation à la base en collaboration avec les pasteurs. Outre les disciplines théologiques, l’école dispense les cours sur l’histoire de l’Afrique, la psychologie, la philosophie, l’éthique, l’économie, l’islamologie, les nouveaux mouvements religieux.
La représentante des récipiendaires, Marie Brigitte Siko n’a pas manqué de relever les difficultés qui ont jalonné leur année d’étude. Il s’agit notamment de la reprise difficile des études académiques après plusieurs années d’interruption pour certains, la conciliation de la vie intra et extra-académique. Le parrain de la cérémonie, Mgr Jean Marie Untaani a invité ses filleuls à vivre pleinement leur foi.